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Anxiété/Dépression
Difficultés d'affirmation de soi

Alain Ehrenberg nomme "fatigue d'être soi" le sentiment de ne pas être "à la hauteur", de s'épuiser à tenter d'atteindre un idéal de vie axé sur toujours plus de performance, sans pour autant réussir à en tirer du plaisir, jusqu'à perdre de vue son désir. 

Surgit alors la tristesse, le découragement, l'auto-dévalorisation, la perte d'énergie et l'anxiété qui envahit le champs de la conscience avec son cortège d'expressions somatiques, parfois le recours à l'addiction : c'est l'impasse désespérante du cercle vicieux.

C'est bien souvent le signe que l'on arrive au bout d'un fonctionnement et qu'il est temps de chercher d'autres expressions de soi en interrogeant le fil directeur de son parcours, son désir, pour mieux se comprendre et explorer de nouvelles voies.

Tout au long de la vie, progresser implique d'abord un renoncement aux bénéfices d'une position, c'est à dire une perte de confort psychique, avant de trouver un nouvel équilibre.

Ces transitions indispensables peuvent être jalonnées de moments de dépression.

C'est souvent le cas au cours du long processus de l'adolescence quand il s'agit de passer d'un corps à un autre, puis d'un statut à un autre au plan familial et social, et finalement réussir à se séparer de ses parents.

Le psychologue peut alors entendre les inquiétudes, soutenir et rassurer, faire tiers et accompagner en proposant un "espace transitionnel".

 
Souffrance au travail

Cette injonction de performance, notamment en situation professionnelle,  peut être perçue par son caractère répétitif comme une forme de harcèlement qui conduit parfois à un vécu d'échec.

Doute et auto-dévalorisation s'installent, perte de repères, confusion et anxiété qui inhibent la capacité à penser la situation, à en définir les enjeux et les limites, pour soi et pour les autres.

Travailler en équipe, c'est également relever constamment le défi de l'altérité . Il faut s'entendre avec ses collègues, avec sa hiérarchie.

Quand la communication est entravée, l'incompréhension domine et c'est l'impasse. On peut alors essayer de décrypter le jeu des interactions afin de repérer le système relationnel en place, nommer les besoins des uns et des autres, pour pouvoir rétablir le dialogue dans le respect de chacun. 

 
Sexualité

La sexualité humaine adulte est l'expression de dynamiques psychologiques complexes, d'enjeux relationnels et émotionnels essentiels, en lien avec l'histoire de chacun depuis sa naissance.

 C'est avec son corps que tout être humain entre en interaction avec son environnement au cours des premiers moments de sa vie, de façon riche et intense, bien avant l'apparition du langage. C'est à travers les sensations de plaisir ou de déplaisir qu'il se lie peu peu à son premier "autre" et c'est ensuite autour des interdits dont son corps est l'objet que se négocie le pouvoir de chacun dans la relation.

L'hyper médiatisation actuelle de la sexualité, les impératifs normatifs auxquels tout un chacun est sur-exposé peuvent altérer l'estime de soi et entraîner des malentendus dans la compréhension d'éventuelles difficultés d'ordre sexuel, qu'il s'agisse d'insatisfactions liées au trop (addiction), au trop peu (manque de désir, anorgasmie, éjaculation prématurée), à l'empêchement (troubles de l'érection, vaginisme) ...

La relation sexuelle à l'autre, et à travers elle la relation de chacun à sa sexualité et à son propre corps, ne peut être questionnée qu'à la lumière de ce qu'elle met en jeu chez chacun d'absolument singulier et originel, au cours d'entretiens avec un clinicien spécialisé.

 
Deuils, séparation

De la naissance à la mort, la vie est jalonnée de séparations plus ou moins douloureuses, désirées ou subies.

Se séparer, c'est se donner la chance de l'autonomie en renégociant sa place dans la relation à l'autre. 

C'est une prise de distance qui implique de supporter le manque et la frustration, cela peut-être anxiogène, décourageant.

Se séparer c'est se distancier, parfois jusqu'à perdre le lien : on appelle "deuil" le long processus psychique visant à accepter cette perte.

Cela s'accompagne d'une souffrance caractérisée par toute une gamme d'émotions intenses :  tristesse bien-sûr mais aussi colère, culpabilité...

C'est un remaniement psycho-affectif complexe qui prend du temps, au cours duquel le soutien de l'entourage est déterminant. Il arrive cependant que quelque chose achoppe et que la béance laissée par le ou la disparu.e reste en l'état. 

Le deuil concerne la mort bien-sûr mais d'autres liens peuvent être rompus trop tôt, qu'il s'agisse d'amour ou d'amitié, du renoncement brutal à un projet ou même à un idéal, quand la vie bascule... 

On parle alors de rupture, on vit quelque chose de l'ordre de l'arrachement. 

Cela peut-être vécu si violemment que l'on n'arrive pas à trouver seul l'énergie de mettre en route ce travail de cicatrisation, la blessure reste à vif...

Des entretiens de soutien avec un psychologue peuvent alors aider à traverser cette épreuve, en relançant et accompagnant le "travail de deuil".

 
Guidance parentale

Dès l'annonce de la conception, dès l'agrément à l'adoption, de profonds remaniements psychiques ont lieu : cela induit un changement d'identité au plan familial, au plan social. Il y a passage de génération.

Accueillir un enfant, ce n'est pas seulement devenir père ou mère, c'est devenir le père ou la mère de cet être-là, absolument singulier. 

On se découvre en tant que parent : à travers la relation que l'on tisse avec son enfant on rencontre une part très intime de soi, qui se révèle jour après jour.

On est soudainement ré-exposé à l'enfant qu'on a été et à l'image qu'on garde de ses propres parents. Cela peut-être fragilisant, et réactiver certaines problématiques non résolues.

Dans le même temps il faut sans cesse s'adapter aux besoins spécifiques d'un nouvel être, au plus près de sa singularité, qu'il s'agisse d'un tout petit, d'un enfant, d'un "pré-ado" ou d'un adolescent. 

Tous ont à la fois un fonctionnement psychique très différent de celui de l'adulte et une personnalité absolument singulière si bien que, malgré l'expérience pratique acquise, beaucoup de choses se rejouent à chaque naissance, à chaque adoption, mettant parfois la relation en souffrance, une souffrance difficile à comprendre, épuisante, dévalorisante, souvent culpabilisante.

Parler de ses difficultés à un tiers au fait des grandes étapes du développement affectif et intellectuel de l'enfant, pouvoir déposer ses angoisses et évoquer ses doutes de parent mais aussi d'adulte en perpétuelle évolution, sans peur du jugement, peut permettre de débloquer une situation en percevant mieux où en sont les enjeux.

 
Analyse des pratiques

Le travail en institution interroge le professionnel à plusieurs niveaux :

     - Sur sa pratique tout d'abord : pourquoi se sent-on en difficulté dans telle situation? qu'est ce que cela vient toucher en soi, comment cela s'articule-t-il avec ses valeurs, ses motivations, l'idée que l'on se fait de sa profession ? Qu'est ce que cela fait résonner chez les autres professionnels? Sont-ils eux aussi parfois aux prises avec les mêmes difficultés ?

    -  Sur le travail en équipe ensuite, et le rapport personnel que chacun entretient avec  l'institution dans laquelle il travaille , son histoire, ses valeurs, ses règles...

En offrant aux professionnels la possibilité d'un temps d'échange régulier autour de ces questions, le GAP permet de clarifier le vécu affectif de chacun en situation professionnelle, et de faire évoluer les pratiques.